Le beau fait-il vendre ?

macarons-de-toutes-les-couleurs-2-1024x682Le sens du beau : aux origines de notre culture contemporaine.

Le beau est une notion abstraite , qui se définit comme la caractéristique d’une chose qui au travers d’une expérience sensorielle procure une sensation de plaisir ou un sentiment de satisfaction. En ce sens, la beauté peu s’exprimer au travers de  l’aspect visuel, la forme, le mouvement, le son.

Depuis l’antiquité, certains philosophes s’accordent à penser que tout ce qui existe possède une réalité qui est nécessairement liée au concept du beau et les artistes s’attachent à imiter les proportions harmonieuses de la nature.

Il faudra attendre le 17 ème siècle pour qu’apparaisse la notion de « goût » : l’idée qu’il existe au plus profond de nous un sens du beau et que la représentation artistique a pour vocation, non plus de matérialiser une vérité divine ou cosmique,  mais bien de satisfaire la sensibilité des individus.

Au 18ème siècle, l’esthétique normative est écartée, le sens de l’esthétique ne tient pas sa valeur de l’exactitude mais de la richesse des rapports qu’elle condense.  L’œuvre est plus le reflet de l’auteur et du spectateur que celui de la nature. La beauté intègre la subjectivité..

Plus récemment, la consommation de masse et la dégradation du contexte économique ont obligé les marques à évoluer en se différenciant ; la fonction design, par essence, est alors devenue un acteur majeur de ce changement.

L ‘impact de l’esthétique.

Quant on parle d’esthétique, surtout quand il s’agit du point de vente, on a tendance, à la reléguer à un aspect superficiel « décoratif » oubliant ce que cela implique auprès du consommateur. L’esthétique d’un produit ou d’un lieu porte des valeurs qui en disent long sur la marque ou le produit.

En l’absence de soin attaché à l’esthétique, le produit ou le lieu laisse indifférent dans un univers aujourd’hui habité par la recherche de la différentiation et de la personnalisation.  L’esthétique influence la perception de la qualité du produit, de la personnalité de l’entreprise et de l’identification des valeurs qu’elle véhicule, permet la reconnaissance d’une marque au travers de ses produits ou de ses points de vente en un mot, crée une relation particulière entre le consommateur et la marque.

« La laideur se vend mal » disait Raymond Loewy, designer et graphiste, qui fut l’un des premiers à réfléchir à des formes propres à plaire au consommateur tout en se pliant aux exigences industrielles.

De l’électroménager à l’automobile, il a démontré que le succès d’un produit dépend autant de son esthétique que de sa fonction, prouvant que l’objectif du design est de faire vendre.

Le design entre « dessein » et « dessin ».

Bien qu’anglo-saxon d’origine, l ‘on retrouve dans la racine du mot « design » : « dessein » qui signifie projet, l’intention que l’on met au travers du produit et « dessin » qui exprime concrètement la ligne, la forme qui sera appliquée au lieu ou au produit.

Mais dans « design », il y a également le mot « signe ».  De fait, le design dans son application, utilise des signes (forme, couleur, typographie, ton,…) pour créer un univers propre à la marque et donner du sens à l’ensemble de ses médias. Cette identité visuelle est le reflet de la stratégie de la marque, apportant  de la valeur ajoutée à l’entreprise et permettant une réelle différenciation dans un univers de plus en plus concurrencé.

Le design influence les ventes.

Basé sur l’observation et la connaissance des consommateurs, le design influe directement sur les ventes, en adaptant les caractéristiques fonctionnelles et formelles aux attentes de l’utilisateur.

Il ne s’agit pas de « cosmétique », le design travaille au plus prés des besoins clients, pour créer les produits, les lieux, les services qui lui apporteront une réelle valeur ajoutée, en ajoutant de la créativité pour imaginer ce qui aura un vrai sens pour le client.

Le design permet en outre de mettre de la cohérence dans l’ensemble des vecteurs de la marque, du style des produits, aux supports de communication quels qu’ils soient, en passant bien évidemment par le lieu de vente qui en est l’écrin.  Cette esthétique passe bien évidemment par le design des produits, les codes visuels (couleurs et typographies), la qualité de traitement mais aussi les aspects sensoriels (son, image,…)

Aujourd’hui, les applications du design sont partout : l’architecture intérieure et extérieure, les produits et les packagings  bien entendus, le web et même les services.

Il ne faut pas confondre beau avec luxe.

Arrêtons de penser que les personnes ayant un faible pouvoir d’achat, aspirent à faire leurs courses dans des hangars mal éclairés, aménagés de racks et gondoles alignés. Tout le monde a le droit de se faire plaisir et de rêver, à condition que les prix pratiqués ne soient pas déraisonnables.

Il n’y a pas d’acte gratuit ! L’architecture intérieure d’un point de vente ne se cantonne pas à l’image ! Les choix architecturaux, de forme et de couleurs, doivent aider au fonctionnement du lieu et à la compréhension de l’univers de la marque ! Ils doivent orienter la circulation et la lecture de l’espace, facilitant le parcours client.

Et le beau n’est pas forcément hors de prix ! Avec un peu de talent et beaucoup d’imagination, on peut créer des espaces réussis qui ne coutent pas plus chers que des lieux sans âme. D’autant que si le point de vente ne trouve pas son public à cause de sa laideur, même très économique il sera toujours trop cher !

Faire du beau doit être une motivation, les retailers doivent y voir une opportunité, un intérêt et plutôt qu’une contrainte.

Le design: aujourd’hui, plus que jamais une nécessité !

Face à internet qui multiplie les offres sur sa toile, il est essentiel d’attirer les consommateurs dans les points de vente, de les séduire, de leur donner l’envie (et des raisons) d’y passer le plus de temps et leur donner ainsi, l’occasion d’acheter plus !

Alors, si le point de vente est cohérent avec la stratégie de la marque, s’il n’est pas seulement beau mais design, alliant l’esthétique à la fonctionnalité; s’il privilégie la simplicité au tape à l’œil , il a toutes les chances de trouver son public.

En conclusion.

Le design est un moyen efficace pour valoriser la marque, le lieu et/ou le produit.

Si, tous les ingrédients (couleurs, formes, matériaux, typographies, éclairage,…) sont mis en ligne pour donner au point de vente son identité propre alors l’ambiance et la personnalité du lieu ainsi créées attireront des consommateurs séduits, enclins à privilégier le magasin physique aux autres canaux.

Alors c’est parce que le « beau » n’est pas superflu, mais assumé dans le cadre d’une stratégie construite, qu’il fait vendre.

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2 réflexions sur “ Le beau fait-il vendre ? ”

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